Sophia Lindsay Burns
  Sophia L.Burns est artiste peintre, elle vit et travaille à Lodève dans l'Hérault. Elle a fait de la sculpture, de l'installation, du dessin et une thèse théorique en art au Québec. Ce parcours diversifié l'a conduit jusqu'à aujourd'hui où elle s'adonne essentiellement à une pratique de la peinture.
  Un voyage d'étude l'a conduit à Tanger (Maroc) en 2007. Elle présente le fruit de son travail à l'espace Doun en décembre 08 et janvier 09.
Sophia Burns
  ".. En novembre 2007, j'ai été invitée par l'auteur Marine Vassort et les Editions P'tits Papiers à Tanger. Je devais réaliser des illustrations sur le texte de Marine Vassort qui portait sur les brûleuses, c'est-à-dire des femmes qui cherchent à sortir du Maroc, via la ville de Tanger qui est une ville frontière.
   Je passais 10 jours sur place en compagnie de l'auteur. Le sujet a très vite été eclipsé par la ville elle-même, et le texte de Marine Vassort a porté sur une recherche d'identité et sur son voyage intérieur au coeur du Maroc. Concrètement, j'ai passé 10 jours dans la ville de Tanger au coeur de la Kasbah, il en a résulté 8 pages de journaux de bord sur format A3, ainsi qu'une dizaine de dessins au trait sur format A4, quelques aquarelles et une réalisation au pastel gras.
   Lorsque je suis rentrée du Maroc, j'ai décidé de prolonger ce travail par des peintures exécutées à partir de dessins au trait. Les peintures reflètent une forme de silence sur la ville, les couleurs en sont sorties pour laisser place au blanc et les personnages disparaissent pour offrir les traces de leurs présences (linges étendus, bassines et seaux).
   Mes images s'opposent au texte de Marine Vassort qui fait bruit, qui fait parler et qui fait entendre la ville dans son brouhaha et dans tout ce qui fait trace en elle par les mots.
  C'est donc deux formes de langages qui s'opposent dans ce travail sur Tanger, un aller-retour entre deux pratiques, celle de la peinture et celle du texte.
   Les aquarelles et les pages des journaux sont plus bavardes, elles racontent le bruit le son, les mouvements et les battements de la ville dans la même logique que le texte de Marine et reflètent un peu plus la vibration de la ville de Tanger.
   Les peintures elles offrent en contraste, un espace et un temps de contemplation un voyage qui se fait à partir du haut de ses terrasses, une mise en avant de ces détails qui forment son esthétique, un blanc qui reflète cette lumière eblouissante de la méditerranée et de ses absences de présences ou ces présences furtives voilées qui intriguent.
   Mes peintures offrent un espace et un temps pour pénétrer et remplir la ville et donc la surface de la toile. Chacun est libre d'y placer son propre bruit.

   Un livre sera publié durant l'année 2009 sur ce voyage d'un peintre et d'un auteur à Tanger aux Editions P'tits Papiers. "